The Deep Blue Sea, Terence Davies ( critique par Nuages)

the-deep-blue-sea-therence-davies Un beau  film de Terence Davies qui renoue avec le grand mélodrame classique sans tomber dans la redite ou la volonté vaine de restaurer après coup la splendeur d’un genre désuet mais il en sublime le motif central( l’écrasement de la passion sous le poids implacable des conventions morales dans l’Angleterre de fifties) dans un écrin visuel et un dispositif dramaturgique qui évite l’écueil du théâtre filmé.

J’édite en développant , une fois débarassé de ces oraux de m….

Et voici la critique de Nuages, dont je partage la belle vision!

Le film, dont l’histoire passionnelle se situe en 1950 à Londres, est un hommage délibéré aux mélodrames sentimentaux et en adopte la forme un peu désuète. C’est dans l’atmosphère close d’une chambre surannée que s’embrasent les cœurs et que fatalement s’éteint la flamme aussi illusoire que brûlante , drame inscrit d’emblée dans cet adultère condamné. La reconstitution d’époque et toutes les conventions du genre sont là : un mariage frustrant avec un vieil homme ennuyeux, un bel officier jeune et insouciant, une héroïne ardente et rêveuse, puis la fin attendue d’une liaison, l’humiliation, les pleurs, l’abandon, le suicide. Le beau film , la musique vibrante et le visage grave de Rachel Weisz sont à la fois saturés d’émotions pathétiques et pleins de retenue . Où est l’originalité ? Certes pas dans la personnalité fade des deux hommes , ni dans le terrible personnage épisodique de la mère possessive, ni même dans l’insatisfaction affective d’une femme romanesque prisonnière des conventions sociales . Peut-être dans la réécriture purement cinématographique et très esthétique de cette pièce de théâtre, théâtre que n’évoquent plus que ces rideaux tirés à plusieurs reprises (très beaux plans) et ces huis clos étouffants . Surtout , pour moi, la singularité du film est dans le vertige permanent du suicide qui habite inexorablement l’héroïne, et qui parait dans les mœurs de l’époque encore plus inacceptable que l’adultère . Ce vertige du suicide est montré de façon récurrente par des images bouleversantes, il est finalement la vraie cause de la rupture sentimentale , et cette tentation de la mort dans un univers mortifère est ce dont l’héroïne doit toujours se sentir coupable de façon impardonnable. J’ai tout de même nettement préféré , dans un genre analogue, La Fin d’une liaison avec Ralph Fiennes.