Cornouaille d’Anne Le Ny avec Vanessa Paradis (par Nuages)

Odile est une femme indépendante, citadine aisée, dans une impasse sentimentale avec un homme marié. Elle hérite soudain de la maison de sa tante décédée dans le Finistère , une belle maison isolée qui surplombe une plage sauvage de la côte bretonne. Elle s’y rend pour la vendre. Mais là rejaillissent les souvenirs de son enfance, les morts et d’étranges voisins…
Même si elle manquait d’originalité, l’idée sur laquelle le film est construit n’était pas inintéressante, mais la façon dont elle est traitée est d’une platitude bien ennuyeuse. La réalisatrice aurait pu introduire du mystère et même du fantastique autour de la maison abandonnée et du retour des morts. Mais cette bâtisse ne suscite ni intérêt ni peur, les morts viennent faire un peu la causette avec Odile qui s’ennuie de Paris tout en se demandant si elle doit garder ou non la maison, et évoquer les secrets de son enfance qu’elle connait depuis longtemps , sans aucune surprise pour le spectateur non plus. Ils lui démontrent aussi que sa vie privée est loin d’être réussie, ce qui saute aux yeux du premier venu, même bien en vie. Le premier venu est d’ailleurs un énigmatique ami d’enfance SDF (Samuel Le Bihan) très amoureux d’elle, sans doute fou et peut-être mort (mais si ce n’est lui, c’est donc son frère) . Très vite la réalisatrice se détourne de la rassurante maison hantée pour poser la question du choix amoureux d’Odile : doit-elle continuer sa liaison avec l’ami marié dont elle est enceinte (et garder ou non l’enfant) ou céder aux avances brutales du breton éperdu un peu simplet? La pauvre Vanessa Paradis a du mal à résoudre le dilemme, ses boucles de cheveux s’affolent joliment, elle cherche vaguement du secours du côté d’un ado apprenti sorcier qui diffuse les légendes folkloriques locales … mais elle ne peut guère compter sur l’empathie du spectateur qui s’est vite détourné de son histoire . Ce dernier regarde les cartes postales de la baie d’Audierne en se disant qu’il pourrait y aller en villégiature l’été prochain car il y fait toujours beau et il y a la possibilité de faire de la plongée avec le notaire du coin. Mais finalement la réalisatrice décroche aussi et, pleine d’altruisme pour le spectateur, affiche le mot FIN sans conclure l’histoire, ce dont personne ne se plaint réellement vu son absence totale d’intérêt. ( 0,5 sur 5)
(Thrasybule, je ne sais pas insérer tes icônes mais il faudrait mettre le paquet de copies soporifique car Jack Nicholson déploie trop d’énergie pour cette guimauve)